EXPÉRIENCES SPIRITUELLES

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Critique ou dévotion

1128 Silence

1128 Silence

Intéressant dialogue par mail avec Marie, dont je retiens les points suivants :

Marie – Pour en revenir à tes messages, je te trouve un peu dur par rapport à Ganga Mira et d’autres enseignants ; il y a une énergie de jugement qui passe à travers tes propos. Probablement c’est un automatisme, comme chez moi à travers mon centre d’identité non-défini dans le Human Design* ! 

Pierre – D’après ce que je comprends de mon thème de Human Design, ce n’est pas une énergie de jugement ou une énergie mentale, c’est une énergie de provocation due à mon Soleil 39, qui se manifeste particulièrement vis-à-vis des personnes comme toi qui ont le 55, et qui est encore activée par la relation électromagnétique 19/49 (Ariella et Dominique, entre autres, ont aussi le 55 et le 19). Quand une connexion émotionnelle est créée par le 19 ou le 55, ou les deux, je provoque (39) ou contredit (49) pour créer une réaction émotionnelle. C’est pourquoi je te demande souvent de ne pas prendre trop au sérieux ce que je dis (ou écris), ce n’est pas forcément vrai (vu qu’il n’y a de toute façon pas de vérité dans le centre émotionnel), et ce n’est pas nécessairement ce que je crois profondément. Je pourrais très bien te dire le contraire le lendemain, ou le dire à une autre personne. Je provoque, je taquine, pour susciter une réaction, pour me sentir connecté. C’est comme ça que fonctionnent les canaux* 19/49 et 39/55. Le siddhi* du 39 est la libération, des attachements, des idées préconçues, des croyances, par une provocation qui peut être dure, et qui existe toujours au niveau du siddhi, comme chez les maîtres courroucés. Oui, c’est un fonctionnement automatique chaque fois que mon Soleil est activé, mais j’en suis de plus en plus conscient. On dit que ce n’est pas un problème de mettre les pieds dans le plat, tant qu’on le fait consciemment. Ni de dire ce qu’on pense, dans une situation particulière et relative, même si ce n’est peut-être pas la vérité absolue.

Marie – J’ai l’impression que chaque fois que tu rencontres un Bouddha, tu cherches à le « tuer » ou à voir la faille qui le discrédite à tes yeux ! 

Pierre – Non, pas du tout. J’ai eu beaucoup de respect et de dévotion pour la plupart des maîtres que j’ai suivis, et il y en a eu beaucoup, et j’en ai toujours (comme pour les femmes que j’ai aimées). Mais ce n’était pas une dévotion aveugle, et je me suis toujours permis de critiquer les choses que je ne trouvais pas appropriées ; et, dans certains cas et avec certaines personnes, ce que je dis peut être de la provocation. Je ne les discrédite pas à mes yeux, mais aux yeux de ceux qui les créditent peut-être trop…

Marie – C’est une bonne démarche d’aller vers ce gourou dont tu m’as parlé récemment pour expérimenter la qualité dévotionnelle. Mais est-ce que cela est suffisant pour déconstruire d’un coup cette force mentale qui empêche la pleine expérience, non-expérience de l’absolu ? 

Pierre – Il n’y a pas de force mentale à déconstruire.

Et rien qui m’ait empêché de faire de nombreuses expériences, ou non-expériences, de l’abso­lu… qui sont très bien, mais qui ne sont pas une fin en soi, et pas non plus la fin de la voie, comme certains semblent l’imaginer.

J’ai déjà beaucoup pratiqué la dévotion avec mes maîtres tibétains, et aussi avec les autres, comme Ayya Khema*. Par contre, je n’ai pas hésité à les critiquer quand c’était nécessaire. Quand c’est justifié et bien pensé, ça peut être le mental, d’autres fois c’est plus une provocation. J’écoute souvent les chants dévotionnels de Swami Vishwananda, cela m’apporte beaucoup, et crée une pause salutaire quand je sature un peu avec Bentinho* et d’autres bavards. Avec Mooji*, on peut couper le son pour ressentir la dévotion, c’est une de ses qualités.


Canal, centre, porte : dans le Human Design, notre code génétique (notre design) est représenté par un graphique, le schéma corporel, qui est une image symbolique de ce que nous sommes vraiment. Il comporte neuf centres, qui correspondent à nos chakras. Chaque centre compte un certain nombre de portes qui sont reliées deux à deux par des canaux qui raccordent les centres entre eux. Chaque porte (ou clé génétique) représente un domaine particulier de notre personnalité, et chaque canal un aspect particulier de notre fonctionnement humain. Lorsque les deux portes, appelées harmoniques, qui sont situées à chaque extrémité d’un même canal sont activées, ce canal, ainsi que les deux centres qu’il connecte, sont définis et apparaissent en couleur sur le schéma corporel. Les centres définis sont bien structurés, et fonctionnent en permanence d’une manière prévisible et fiable. Les centres non définis (ou ouverts), blancs sur le schéma corporel, sont nos ouvertures aux conditionnements de notre environnement et à nos relations avec autrui.

Human Design : le Human Design est un système complexe de connaissance de soi qui fait appel d’une part aux dernières découvertes de la génétique et de la physique quantique et d’autre part aux anciens enseignements de l’astrologie, du Yi Jing, du système indien des chakras et de l’arbre de vie de la kabbale. Pour plus de détails : https://human-design-en-francais.simdif.com. 

* Siddhi : fondation du système des Gene Keys , le Spectre de la conscience révèle que chacun des soixante-quatre aspects de la personnalité humaine (symbolisé par une clé génétique, un hexagramme du Yi Jing ou une porte du Human Design) comporte trois attitudes fondamentales qui correspondent à trois niveaux de conscience : une attitude négative (celle de la victime) : l'ombre ; une attitude positive (celle de l'être en chemin) : le talent ; et une attitude éveillée (celle de l'être accompli qui a transcendé la dualité des deux autres) : le siddhi. 

Khema (Ayya) (1926-1997) : née à Berlin, Ayya Khema fut ordonnée nonne en 1979 au Sri Lanka. Elle enseignait le bouddhisme theravada et la pratique des jhanas, les absorptions méditatives. Elle fonda en 1978 le Wat Buddha Dhamma, un monastère de la forêt situé en Australie, où j’ai fait ma première retraite avec elle en février 1990 (voir mon livre Le parfum de l’éveil). Elle fut ensuite mon principal maître spirituel jusqu’à sa mort. 

Bentinho Massaro : maître spirituel de la non-dualité. D’origine hollandaise, il vit et enseigne aux États-Unis.

Mooji (né en 1954) : d’origine jamaïcaine, Mooji fut un disciple de H.W.L. Poonja. Il enseigne l’advaïta vedanta dans la tradition de Ramana Maharshi et vit à Monte Sahaja, au Portugal, dans l’ashram qu’il a créé.

 

22 juillet 2017, Cabrières d’Aigues

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